Tuesday, December 16, 2025

Ghirardini contre la Bête 74


Chronique d’un racket en haute altitude

Chicago, années 30. Sauf que les flingues sont remplacés par des piolets, les bars clandestins par des rédactions feutrées, et les valises de billets par des pleines pages de publicité. Ici, on ne parle pas d’alpinisme. On parle de business.

Le milieu

Dans ce milieu-là, tout le monde se connaît. Les rédactions, les institutions, les sponsors. On s’appelle par le prénom, on se tape dans le dos, on ne pose pas trop de questions. Le sommet ? Un détail. Ce qui compte, c’est l’histoire. Une bonne histoire, ça se vend. Une histoire invérifiable, c’est encore mieux : personne ne peut venir réclamer sa part.

La Bête 74

La Bête 74, c’est le Syndicat. Pas besoin de menaces : le système suffit. Tu veux exister ? Tu passes par nous. Tu veux publier ? Tu racontes ce qu’on peut imprimer. Tu veux douter ? Mauvaise idée, gamin. Dans ce business, le sceptique finit toujours au fond d’un tiroir.

Les faux exploits

Un type arrive, dit qu’il a fait le coup du siècle. Solo. Nuit. Tempête. Pas de témoins. Pas de preuves. Dans n’importe quel autre quartier, on lui demanderait des comptes. Ici ? On lui sert un whisky, on sort le carnet d’adresses, et on imprime.

Les photos ? Empruntées. Le sommet ? Hors champ. Mais le tirage grimpe, lui. Et quand le tirage grimpe, tout le monde touche sa commission.

Les parrains respectables

Le plus beau dans cette histoire, c’est que personne n’a l’air coupable. Les parrains portent des vestes propres, parlent d’éthique, d’honneur, de tradition alpine. Ils ne mentent pas, ils laissent dire. Dans le milieu, c’est la même chose : celui qui se tait encaisse.

Les soldats

Les jeunes, eux, lisent ça et y croient. Ils montent là-haut avec des rêves imprimés en quadrichromie. On leur a vendu un itinéraire comme on vendrait de l’alcool frelaté. Certains ne redescendent pas. Dommage collatéral. Pas assez bankable pour la une.

Ghirardini

Ghirardini, c’est le type qui refuse d’entrer dans la combine. Pas de slogan. Pas de produit dérivé. Des faits. De l’hiver. De la solitude. Des preuves impossibles à maquiller. Alors forcément, il dérange. Dans ce milieu, un homme intègre, c’est plus dangereux qu’un indic.

Les règlements de comptes

Des années plus tard, quand l’arnaque commence à sentir trop fort, on fait diversion. On sort des livres sur d’autres mensonges, ailleurs, plus récents. Classique. Pendant qu’on regarde ailleurs, le vieux racket reste intact.

La loi du milieu

Ici, il n’y a pas de police. Juste des silences. Pas de procès. Juste l’oubli organisé. Et tant que l’argent coule, la Bête 74 continue de respirer.

Dernière parole

Dans la mafia comme dans la presse de montagne, la vérité n’est jamais gratuite. Elle coûte cher, et personne ne veut payer. Ghirardini, lui, a payé d’avance.

Chronique noire. Toute ressemblance avec des systèmes existants n’est ni fortuite, ni regrettée.


Tuesday, December 02, 2025

La Bete 74 engraisse sur fond de corruption

 


La corruption en Ukraine et les détournements de l’aide occidentale

Analyse politique, stratégique et financière (2024–2025)

1. Un pays en guerre mais un État fragilisé

Depuis 2014 puis 2022, l’Ukraine évolue dans un contexte de guerre totale. Cette situation génère un paradoxe : d’un côté, l’État a mené des réformes réelles dans la lutte anticorruption ; de l’autre, la guerre a ouvert des zones nouvelles de vulnérabilité.
Les institutions fonctionnent sous tension, les procédures d’achat sont souvent accélérées ou dérogatoires, et des secteurs entiers (énergie, défense, reconstruction) concentrent désormais des flux financiers colossaux, parfois supérieurs aux budgets d’avant-guerre.

La guerre n’a pas supprimé la corruption ; elle l’a déplacée, rendue plus risquée et plus lucrative.


2. Les mécanismes de corruption les plus fréquents

Les enquêtes anticorruption ukrainiennes (NABU, SAPO) et les rapports internationaux décrivent plusieurs modes opératoires typiques :

  1. Surtarification des contrats publics
    De nombreuses entreprises publiques, en particulier dans l’énergie et la défense, signent des contrats comportant des marges anormales. En pratique, des commissions de 10 à 15 % sont courantes dans certaines affaires révélées.

  2. Sociétés écrans et intermédiaires fictifs
    Des structures privées facturent des prestations inexistantes, ou servent d’intermédiaires inutiles afin de capter une partie des fonds.

  3. Manipulation des achats de matériel militaire
    Ce point est particulièrement sensible. Certaines enquêtes ont révélé des détournements portant sur des achats d’obus, d’équipements tactiques ou de pièces de véhicules, avec des responsables du ministère de la Défense ou de fournisseurs privés impliqués.

  4. Corruption dans le secteur de l’énergie
    L’énergie reste le secteur le plus vulnérable depuis l’effondrement partiel du système énergétique ukrainien. Les contrats d’infrastructures, de réparation et d’approvisionnement sont massifs et souvent opaques.
    Les scandales mettent en cause des dirigeants d’agences publiques, d’anciens ministres et des réseaux politico-économiques structurés.


3. Les détournements d’aide occidentale : réalité, ampleur, limites

Il est essentiel de distinguer trois points :

  1. L’aide occidentale n’est pas intégralement détournée
    La majorité des fonds occidentaux sont suivis, contrôlés, et souvent livrés en nature (armements, systèmes d’artillerie, carburant, véhicules, équipements électroniques). Ce qui limite le risque direct de captation.

  2. Mais certaines enveloppes financières ou logistiques sont vulnérables
    Les secteurs les plus exposés sont :

    • l’énergie (centrales, réseaux, infrastructures critiques)

    • les achats de munitions au sein du ministère de la Défense

    • les contrats de reconstruction partielle

    • les achats de matériel non létal (générateurs, drones civils, véhicules)

  3. Les montants détournés ne représentent pas la totalité de l’aide, mais restent très significatifs
    Les enquêtes récentes portent sur des sommes allant de dizaines à plus de cent millions de dollars selon les affaires, ce qui ne correspond pas à l’ensemble de l’aide occidentale mais reste politiquement explosif.

Ce point est crucial :
l’échelle des détournements est assez grande pour miner la confiance, mais pas assez grande pour modifier l’équilibre militaire global.
Le problème est surtout politique et diplomatique : la crédibilité du gouvernement ukrainien est affectée.


4. Les grands scandales récents (sans entrer dans les détails techniques)

Plusieurs affaires majeures ont éclaté entre 2024 et fin 2025. Elles ont en commun :

  • l’implication de hauts responsables

  • des montants importants

  • des réseaux internes couvrant le ministère de la Défense, le secteur de l’énergie et certains cabinets ministériels

  • des perquisitions menées directement chez des proches du pouvoir

  • des révélations sur des marges illicites systématiques sur les contrats publics

Ces affaires ne touchent pas uniquement des individus isolés : elles exposent des systèmes de captation financière bien établis.


5. Conséquences politiques en Ukraine

La corruption n’est pas seulement un problème financier : c’est un facteur de fragilisation stratégique.

  1. Perte de confiance interne
    La population, épuisée par les coupures d’électricité, les destructions et les pertes humaines, tolère de moins en moins les scandales au sommet de l’État.

  2. Instabilité institutionnelle
    Certains dirigeants de haut niveau ont été perquisitionnés, suspendus ou contraints de démissionner.
    Cela crée des tensions au sein même du gouvernement et du parti présidentiel.

  3. Pression sur les organismes anticorruption
    Leur indépendance a été affaiblie durant une partie de l’année 2025, ce qui a alarmé les partenaires occidentaux.

  4. Guerre de communication
    Chaque scandale nourrit la propagande hostile à l’Ukraine et complique le travail diplomatique.


6. Réactions des alliés occidentaux

Les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs instances internationales ont renforcé :

  • les mécanismes de contrôle de l’aide

  • les audits externes

  • les conditions de versement des fonds

  • les exigences de transparence

Plusieurs programmes d’aide sont désormais conditionnés à :

  • des réformes structurelles

  • la protection des institutions anticorruption

  • l’indépendance du parquet spécialisé

  • la réduction de l’influence des réseaux politico-économiques hérités du système oligarchique

Les alliés ne coupent pas l’aide, car la survie militaire de l’Ukraine en dépend.
Mais ils ont resserré leur contrôle.


7. Impact stratégique sur la guerre

Il faut distinguer trois niveaux :

  1. Impact militaire direct : faible à modéré
    Une partie limitée de l’aide militaire a été détournée ; la majorité est livrée en matériel, difficile à détourner.

  2. Impact économique : élevé
    Chaque euro ou dollar siphonné est une perte pour la reconstruction, le système énergétique, l’hôpital, les infrastructures.
    Dans un pays en guerre, c’est un affaiblissement réel.

  3. Impact diplomatique : très élevé
    La crédibilité d’un pays en guerre dépend du soutien externe.
    Une série de scandales majeurs réduit la patience des donateurs, alimente les critiques internes dans les pays alliés et complique la continuité de l’aide.


8. Conclusion générale

La corruption en Ukraine est réelle, documentée et suffisamment massive pour représenter un risque stratégique pour l’État ukrainien.
Les mécanismes en cause ne sont pas nouveaux, mais la guerre a amplifié les enjeux financiers et la valeur des contrats publics.

Toutefois, il faut préserver un regard équilibré :

  • l’Ukraine n’est pas un État où toute l’aide occidentale est détournée ;

  • la majorité de l’aide militaire est sécurisée ;

  • les institutions anticorruption ukrainiennes existent, enquêtent et ont déjà exposé des scandales d’ampleur nationale ;

  • mais la corruption reste un problème profond, structurel, qui mine la résistance du pays, sa crédibilité internationale et sa cohésion interne.

La corruption en France! La guerre en Ukraine offre des moyens pour remonter la filière!



Voici donc un article fort, structuré et sans fioritures, qui traite du problème réel :
comment un système de corruption massif peut émerger au cœur d’une guerre, comment l’aide occidentale peut être détournée, et comment la propagande peut masquer ou minimiser les échecs militaires.
Corruption, guerre et illusion : l’anatomie d’un système qui interroge
La démission du chef de cabinet du président ukrainien a entraîné un choc politique majeur.
Ce type d’événement, dans un pays déjà fragilisé par la guerre, ouvre une question centrale : quelle est l’ampleur réelle de la corruption autour de l’aide militaire et financière occidentale ?
Car l’Ukraine n’est pas seulement un champ de bataille.
C’est aujourd’hui l’un des plus grands récipients d’aide internationale du XXIᵉ siècle.
Et chaque fois qu’un flux financier massif traverse un État en guerre, les risques de captation illicite explosent.
Les pertes militaires : un élément qui alimente les soupçons
Depuis deux ans, les forces ukrainiennes ont mené une série d’opérations offensives extrêmement coûteuses.
Certaines ont été présentées comme décisives, “historiques”, porteuses de “percées stratégiques”.
Pourtant, dans les faits, elles ont souvent débouché sur des reculs, des stagnations, ou des impasses tactiques.
Plus les pertes sont élevées et les résultats militaires faibles, plus une question gagne en intensité :
À qui profite l’illusion de la victoire ?
Une communication de guerre très optimiste — parfois en décalage complet avec la réalité du front — peut servir un double objectif :
Convaincre les opinions occidentales que l’aide fonctionne.
Justifier la poursuite de flux financiers massifs.
Plus la bataille est coûteuse, plus la propagande redouble d’intensité.
Et plus les soupçons augmentent.
L’aide occidentale : le nerf du système
En valeur cumulée, la France a contribué à plus de 30 milliards d’euros en soutien direct ou indirect.
Si l’on additionne :
– matériel militaire,
– fonds budgétaires,
– mécanismes européens,
– soutien logistique,
– infrastructures,
– programmes d’accueil,
– garanties financières,
l’ordre de grandeur est net.
À l’échelle occidentale totale, l’Ukraine a reçu plusieurs centaines de milliards d’euros.
Jamais un pays non membre de l’OTAN n’avait bénéficié d’un tel flux financier en si peu de temps.
Or, selon tous les précédents historiques — Balkans, Irak, Afghanistan — un pays en guerre avec un système institutionnel fragile absorbe entre 20 % et 40 % de corruption sur les flux reçus.
Appliquer un coefficient de 30 % à l’aide française conduit mécaniquement à un ordre de grandeur :
environ 9 milliards d’euros potentiellement absorbés par des circuits opaques.
Ce chiffre ne prouve rien, mais il constitue un indicateur alarmant.
Le cœur du problème : le système transnational
Le point crucial est le suivant :
la corruption liée à l’aide extérieure ne se limite jamais au pays bénéficiaire.
Elle implique presque toujours : – des intermédiaires,
– des conseillers,
– des entreprises d’armement,
– des transporteurs,
– des responsables politiques,
– des consultants privés,
– des relais médiatiques indirects,
– des réseaux d’influence dans les pays donateurs eux-mêmes.
Autrement dit, un système de détournement massif n’est jamais unilatéral.
Il fonctionne comme un écosystème, où chacun capte une part de la rente.
La question n’est donc pas seulement « y a-t-il corruption à Kiev ? »
La question est :
“Qui, parmi les intermédiaires occidentaux, a profité ou profiterait d’un système de détournement massif ?”
Et cette question-là, personne n’a encore osé l’ouvrir.
Propagande et dissonance : le rôle de l’information
La guerre moderne est autant médiatique que militaire.
Lorsqu’un État dépend entièrement de l’extérieur, il développe un narratif héroïque continu, parfois sans rapport avec la réalité du terrain.
Ce fonctionnement n’implique pas nécessairement un achat direct de journalistes.
Mais il favorise :
– la reprise sans vérification des communiqués officiels,
– l’exagération systématique des succès,
– la minimisation des pertes,
– la création d’un climat moraliste où toute critique est assimilée à une trahison.
Ce dispositif médiatique entretient l’illusion d’une progression constante.
Or, plus la réalité diverge de la narration officielle, plus la suspicion grandit que la propagande sert à garantir la continuité des aides.
La démission au sommet : un signal qui ne trompe pas
La chute du chef de cabinet du président ukrainien n’est pas un événement anodin.
Dans tous les systèmes politiques, lorsqu’un des plus hauts responsables quitte sa fonction sous pression, c’est qu’un réseau plus large a été touché.
Cela signifie presque toujours : – l’existence d’un schéma organisé,
– un effort de dissimulation antérieur,
– des flux financiers considérables,
– des complicités multiples.
Historiquement, ce type de démission survient lorsque les preuves accumulées deviennent impossibles à étouffer.
Conclusion : un système qui exige des réponses
L’Ukraine se bat pour sa survie.
Mais la survie d’un État ne justifie pas la dilution de milliards d’euros dans des circuits occultes.
Aujourd’hui, des questions majeures s’imposent :
– combien d’aide a réellement atteint les unités combattantes ?
– combien a été absorbé par les couches intermédiaires ?
– quels réseaux occidentaux ont pu profiter du système ?
– la propagande a-t-elle servi à masquer l’inefficacité de certaines offensives ?
– faudra-t-il un jour un audit international, indépendant, transparent ?
La guerre continuera.
Mais un moment viendra où il faudra regarder la réalité en face :
l’aide occidentale a-t-elle été un outil de défense… ou un gigantesque marché captif offert à un écosystème politico-financier transnational ?